Pierre d'Anché

La famille d’Anché, une « noble et ancienne famille du Poitou », a pris son nom de la terre d’Anché (86700) dans le sud de la Vienne et dont ils étaient les maîtres de 1100 à 1700 ; Robert d’Anché émigra en Angleterre vers 1100 et Claude du Bellay du Plessis d’Anché, protestant de son état, s’exila en Prusse en 1682. On peut admirer leurs armoiries, « d’argent au lion de sable, couronné, armé et lampassé de gueules » à :http://pagesperso-orange.fr/jm.ouvrard/armor/fami/a/anche.htm. Pierre d’Anché, qui a vécu à la cour de Charles d’Orléans à Blois (1394-1465) et à celle de Jean II, duc de Bourbon à Moulins dans l’Allier (1426-1488), à la fin du 15e siècle, était « seigneur de la Brosse, écuyer du Roi et commissaire aux revues dans les années 1489, 1491 er 1497. » Il est l’auteur de sept poèmes[1] connus dans diverses publications et de trois poèmes qui reposent dans un manuscrit de la Bibliothèque de Poitiers. Il est l’auteur de : La Bonne ballade; le rondeau, Gardez-vous bien de ce fauveau qui a été mis en musique par Alexander Agricola (1445-1506), compositeur franco-flamand très connu en Europe autour de 1500 et qui a été le collègue de Josquin des Prés à la cour du duc de Milan (voir la partition[2] de ce morceau polyphonique typique de la fin du 15e et du début du 16e siècle et qui a été enregistré par l’Ensemble Ferrara); L’Epytaphe du bon cappitainne Sallezart (cité dans Bibliothèque de l’Ecole des chartes, Droz, 1925); Pour blasonner un cheval proprement; Le Blason des bons vins de France (cité dans le Bulletin de l’association Guillaume Budé, 1955); Le Blason de la belle fille « Une dame d’excellente beaulté », poème érotique typique de l’époque, qui est parfois attribué à tort à François Villon et qui figure dans l’Anthologie de poésie érotique. Ce poème sur la beauté féminine, riche en détails anatomiques, figure dans L’Anthologie historique des lectures érotiques en bonne place entre « Le Cul » du poète et musicien limousin Eustorg de Beaulieu (1495-1552) ; « Le Beau tétin » de Clément Marot (1496-1544) ; et « Le Con » de Guillaume Bochetel ( ?-1558). On considère que Pierre d’Anché était éventuellement à l’origine de la nouvelle vogue du blason aux 15e et 16e siècles. Claude Pichois, le célèbre comparatiste, écrivit de l’auteur dans son Moyen Âge, (Artaud, 1971), que Pierre d’Anché « sait mieux faire le blason d’un cheval ou d’un vin de France que celui d’une belle fille » tandis que d'autres critiques y voient un esprit cultivé à cheval sur le Moyen Âge finissant et la Renaissance qui tardait à venir. Pierre d’Anché, contemporain de Charles d’Orléans, à qui certains de ses poèmes ont été également attribués à tort, s'est marié deux fois, avec Ysabeau de Pardaillan et puis avec Guyonne de Chabannais Comporté qui décéda le 25 juin 1520. Le poète contemporain, André de la Vigne a rendu un hommage en acrostiche à Pierre d’Anché dans une Ballade intitulée : « Parfaict esprit en l’art de rhetorique ». Anché avait son écrivain - soldat, poète et historiographe du roi - dès le 15e siècle et un projet est actuellement en cours pour faire une édition de ses poèmes avec une introduction et des notes afin de lui rendre l'hommage qui lui est dû                                                                                                                                                                                           [PG]

[1] Voir Liste resources Pierre d’Anché. 
[2] H. M. Brown, A Florentine Chansonnier from the time of Lorenzo the Magnificent, Text Volume, U. of Chicago Press, 1983, pp. 59-60.